Résumé de la journée du 14 octobre 2010 : un fonctionnement normal, des élèves en sécurité mais aussi des dégradations volontaires et une mauvaise interprétation du "droit d'expression lycéen"...
Ce matin, dès 8 heures, quelques jeunes gens mal intentionnés attendaient sur le trottoir situé en face de l'établissement.
Pour couper court aux attroupements devant le lycée, nous avons pris, hier, la décision de restaurer les zones fumeurs dans la cour de l'établissement pour protéger les élèves des agressions et des mouvements divers, donc, à 8 h 30, tous les élèves qui le souhaitaient étaient entrés normalement au lycée sauf un groupe d'une quarantaine d'élèves se tenait volontairement à l'écart, au milieu de la rue Montaigne.
La police municipale est passée en constatant avec satisfaction que l'entrée était absolument dégagée et en nous souhaitant "bon courage" pour la gestion du groupe qui commençait à remonter la rue.
Evidemment, ce jeudi est le jour des encombrants et, quelques instants plus tard, nous nous retrouvions cernés par les poubelles, les téléviseurs et autres canapés.
Dans un premier temps, les encombrants ne bloquaient pas la porte. Cependant, nous avons encore essuyé des projectiles et le tourniquet s'est trouvé obstrué. Aussitôt, nos élèves, parmi lesquels plusieurs élèves de première, ont mis le feu, feu que nous avons éteint nous-mêmes, en nous opposant nettement aux jeunes gens qui affirmaient qu'ils avaient le droit d'agir ainsi et qu'une "circulaire autorisait le blocage des établissements" !
Après des échanges verbaux musclés, tout le monde était très vindicatif de part et d'autre du canapé qui bloquait l'entrée quand un voisin, excédé par les agissements des élèves (poubelles brûlées, encombrants éparpillés sur la chaussée, etc.), est venu à la rescousse leur dire sa façon de penser en joignant le geste à la parole. L'épouse de ce monsieur est arrivée à son tour et a encouragé les élèves à exprimer pacifiquement leurs revendications en rejoignant d'autres lycéens qui s'exprimaient en ville.
A neuf heures et demie, l'entrée du lycée ayant été dégagée et nettoyée par le personnel de l'établissement, tout était redevenu accueillant.
Hélas, à 11 h 05, alors que tout était calme et qu'il n'y avait strictement personne ni dans la rue ni dans la cour, une dizaine de jeunes gens sont venus, en expédition punitive, pour se livrer aux exactions qu'ils n'avaient pas pu commettre le matin.
En quelques instants, ils ont bombardé de pierres (récoltées à l'avance), la fenêtre de la loge, avec la volonté affichée de dégrader l'édifice et, sans doute, de blesser le personnel d'accueil. Ils se sont, ensuite, enfui en courant et en quelques instants, ils n'étaient plus identifiables.
Il est évident que de tels comportements n'ont rien à voir avec une quelconque revendication.
A quatorze heures, alors que nous quittions les abords du lycée, nous avons été prévenus qu'un groupe de jeunes gens (toujours le même ?) s'attaquait à la clôture du gymnase Dupontreué et tentait de la démonter.
La police est intervenue, à notre demande, remarquablement vite et a arrêté un élève du lycée Delambre qui avait, d'ailleurs, activement participé à la tentative de blocage du matin.
Par ailleurs, nous avons appris qu'il y avait, parmi les élèves qui n'avaient pas voulu aller en classe et qui avaient volontairement choisi de rejoindre d'autres lycéens pour aller semer la perturbation dans les établissements amiénois, un lycéen de seconde qui avait été arrêté alors qu'il franchissait "sans le faire exprès", la clôture de la cité scolaire sud...
En résumé, en dépit de ces faits regrettables et quasi délinquants, le fonctionnement du lycée n'a pas été perturbé. Les cours et les élections des délégués ont eu lieu dans le calme et la sécurité des lycéens n'a pas été compromise. S'il y avait le moindre doute à ce sujet, nous n'hésiterions pas à la dire, mais ce n'est pas le cas.
Enfin, le lycée n'est pas bloqué et ne l'a été à aucun moment depuis lundi., la tentative de ce matin s'étant produite après l'entrée des élèves, entre 8 h 30 et 9 heures.