MARTNA (ESTONIE)

La visite fut surtout pour nous l’occasion de nous
rendre à l’école du village et découvrir un système de scolarité. Après avoir
traversé le pont coupant la Rannamoisa, notre bus accostait devant un grand
bâtiment blanc à l’extrémité est de Martna. Derrière l’établissement, encore
une fois ce ne sont que bois et herbes brunes à perte de vue. L’école semble
comme le dernier rempart face à un horizon désertique.
A peine le temps de poser nos affaires dans une
petite salle de classe remplie de petits porte-manteaux qu’on nous invite à
rejoindre le gymnase. Nous traversons le hall où siègent fièrement les photos
encadrées des professeurs et des « meilleurs élèves » du moment.
Quelques élèves traversent les couloirs de-ci delà.
Et nous voici invités à un spectacle de chants et
danses traditionnels par des élèves de tout âge, tout vêtus de jupes et
collants blancs pour les filles, hauts sobres et bien pliés pour les garçons.
Evidemment les paroles des chants nous échappe, aucun d’entre nous n’ayant fait
estonien première langue, mais tout le monde est d’accord, des voix
claironnantes de petits écoliers se balançant bras dessus bras dessous, c’est
beau. Puis on nous fait prendre part aux danses et enfin aux jeux. Au programme
le jeu du balai et un jeu de sac tournant rempli de déguisements.
Presque tous les élèves sont là. Ces élèves, en
tout, ils sont cinquante-sept, repartis dans neuf classes pour dix-sept
enseignants se relayant pour les différentes matières que sont les maths,
l’estonien, les sciences sociales, la musique et la danse(qui semblent tenir
une place très importante),le sport, l’anglais… Les cours commencent à 8 h 15
pour finir au plus tard à 14 h 50, suivant les pratiques de la plupart des pays
d’Europe où l’on s’attache à ne pas demander aux enfants des journées trop
longues. Enfin ils entretiennent des relations avec des établissements du
Portugal, d’Espagne, d’Italie et de Grèce, en plus de voyages organisés
régulièrement vers la Finlande.
Une fois leurs études sur place achevées, les
enfants se dirigeront pour la plupart vers Tallinn.
Nous entreprenons un tour dans les couloirs de l’école
et, dans l’unique étage, tombons nez-à-nez avec une affiche sur la France
confectionnée par les élèves. On peut y voir le croquis d’une France à la forme
pour le moins originale, une petite photo du président, une série de symboles
nationaux comme la fleur de Lys, le coq, le drapeau tricolore et quelques
personnalités françaises telles que Victor Hugo, Louis Pasteur, Edith Piaf,
Louis XIV, Napoléon, Patricia Kaas (si, si, c’est vrai), la chanteuse Alizée
(encore vrai), et, enfin, le meilleur, messieurs Lamère et Janin !
Nous mangeons sur place. L’école est payante mais
la cantine est gratuite. Pour la petite
anecdote historique, l’école fut fondée en novembre 1836 et un nouveau
bâtiment sera construit en 1896 sur décision du conseil municipal. Nous sommes
invités à visiter les alentours de l’école après le repas. Au programme
l’église et le cimetière.